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Virus de la bronchiolite des nouveaux-nés

Mis à jour le 05/06/2018
Publié le 30/05/2018
Mots-clés : SA - 3PERF-2

Le virus pathogène détourne la machinerie cellulaire à son avantage

Nourisson (Photo JF ELEOUET). © Inra, Jean-François Eléouët
Nourisson (Photo JF ELEOUET) © Inra, Jean-François Eléouët
L’infection des voies respiratoires par le virus VRS (ou RSV en anglais) est la principale cause de bronchiolite chez les nouveau-nés et de pneumonie chez les adultes et surtout les personnes âgées. Ce virus a un nombre de gènes réduit, une dizaine comparé à une cellule qui en possède des milliers, et doit exploiter la cellule pour se répliquer et se répandre dans les voies respiratoires. En effet la petite taille de son génome ne lui permet pas de coder pour toutes les enzymes nécessaires à son cycle viral. Ce détournement des fonctions cellulaires par les virus est toujours étonnante et surprenante par son ingéniosité mais souvent difficile à démasquer.

Un exemple vient d’être publié dans la revue Plos Pathogens issu d’une collaboration entre trois équipes de l’UPS : une de l’INRA (dirigée par JF Eléouët), du CNRS (dirigée par C. Cizun) et de l’UVSQ (dirigée par MA Rameix-Welti). Dans ce travail les chercheurs ont montré que le RSV détournait une des protéines les plus importantes dans la régulation des phosphorylations cellulaires, la PP1 (pour protein phosphatase 1). La phosphorylation des protéines est un des mécanismes majeurs dans la régulation des interactions et communications entre protéines ou entre protéines et acides nucléiques. En effet l’ajout d’un groupement phosphate chargé négativement modifie de façon drastique la charge électrique locale d’une protéine et ses interactions électrostatiques avec ses partenaires. Les chercheurs ont pu montrer qu’une des protéines du virus (la P) recrutait la PP1 dans les lieux de synthèse d’ARNs viraux (appelés corps d’inclusion cytoplasmiques) afin de réguler la phosphorylation d’une deuxième protéine virale, M2-1, facteur de transcription essentiel au cycle viral. Ce facteur M2-1 a en effet besoin d’être phosphorylé et déphosphorylé de façon cyclique afin d’interagir avec les ARN messagers viraux puis les libérer. Une simple mutation empêchant la protéine P d’interagir avec la PP1 réduit à zéro la transcription virale. Ces résultats pourraient aboutir au développement de composés bloquant spécifiquement cette interaction P-PP1 et donc potentiellement antivirales, sachant qu’il n’existe à l’heure actuelle ni vaccin ni traitement thérapeutique spécifique contre ce virus.

RSV hijacks cellular protein phosphatase 1 to regulate M2-1 phosphorylation and viral transcription, Charles-Adrien Richard, Vincent Rincheval, Safa Lassoued, Jenna Fix, Christophe Cardone, Camille Esneau, Sergei Nekhai, Marie Galloux, Marie-Anne Rameix-Welti, Christina Sizun , Jean-François Eléouët  Lire l'article