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CONTEXTE & VISION

La compétitivité des systèmes alimentaires français est un sujet d’attention depuis plusieurs années.
Même si l’agro-alimentaire est le second poste excédentaire de notre commerce extérieur et connaît des succès sur des destinations comme l’Extrême-Orient ou le Bassin méditerranéen grâce au dynamisme des filières, ces difficultés se reflètent dans les revenus agricoles. Tous produits confondus, le revenu agricole stagne depuis le début des années 2000, avec en outre de fortes fluctuations interannuelles.

Les systèmes alimentaires doivent progresser en matière de préservation des ressources naturelles et de l’environnement. Ils doivent encore réduire leur consommation directe et indirecte de ressources fossiles et leur impact sur le sol, l’eau, le climat, la biodiversité, etc. Les questions sociales, de santé et de bien-être sont également des préoccupations ; les conditions d’exercice des métiers de l’agriculture pèsent trop souvent sur leur attractivité.

Ces difficultés sont à l’origine de tensions sociétales autour des systèmes alimentaires. Le fossé se creuse entre les acteurs de la production et les cercles de la consommation. Les interpellations à l’agriculture, parfois vives, concernent les produits et leurs usages, les modes de production, les services rendus au-delà de la seule production de biens, les circuits de transformation et de commercialisation, etc.

L’agro-écologie fournit un corpus d’amélioration des performances environnementales avec de nettes potentialités dans les domaines économique et social. Ce corpus peut être combiné avec d’autres voies de progrès plus technologiques, par exemple l’agriculture de précision. La transition numérique génère des interrogations sur les données, et ouvre des perspectives inédites d’innovations technologiques et organisationnelles, ainsi que d’émergences de métiers. Dans tous les cas, il convient de travailler à la généralisation des réussites identifiées et à la définition de trajectoires de transition applicables à grande échelle en tenant compte des spécificités locales, des filières et des territoires.
Dans ce cadre général, de nouvelles connaissances doivent contribuer à l’innovation technologique et organisationnelle pour conjuguer les performances productives, économiques, environnementales, sanitaires et sociales des systèmes de production. La gestion des données, la modélisation multi-échelle et l’évaluation multicritère permettent cette mise en perspective de dimensions aussi différentes et parfois en contradiction les unes avec les autres. Les sciences sociales sont mobilisées pour aborder les processus de transition des systèmes et des filières de production, et leur impact socio-économique.