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Les systèmes alimentaires face à des défis sans précédent

Mis à jour le 23/01/2017
Publié le 15/12/2016
Mots-clés : ZOOM - Inra2025

En ce début de siècle, les systèmes alimentaires font face, depuis le niveau local jusqu’au niveau global, à des tensions qui n’ont pas de précédent dans l’histoire de l’Humanité, que ce soit par leur diversité, leur ampleur ou leurs interconnexions.

Les systèmes alimentaires
La manière dont les hommes s’organisent, dans l’espace et dans le temps, pour obtenir et consommer leur nourriture définit un système alimentaire. Cela englobe la production agricole, les intrants et services utilisés par l’agriculture ainsi que les interactions multiples de l’agriculture et de l’alimentation avec l’environnement et le climat, la transformation et la distribution des produits issus de l’agriculture (alimentaires ou, par extension et complémentarité, non-alimentaires), la consommation et la nutrition. Bref, du climat à l’intestin en passant par la fourche et la fourchette !

 

Une inscription dans les objectifs du développement durable
Fin 2015, l’Organisation des Nations unies a adopté un nouveau programme de développement durable, articulé autour de 17 objectifs. Ceux-ci ne relèvent pas tous de la recherche, mais la production de savoirs et de savoir-faire et leur transformation en autant de moteurs d’innovations technologiques, économiques ou sociales sont naturellement en première ligne. Il est donc incontournable qu’un grand organisme national de recherche ayant pour objet les systèmes alimentaires, une des composantes majeures du développement durable, inscrive sa stratégie à 10 ans au regard de ces objectifs. Les icônes des 17 objectifs de développement durable et des 10 défis de la stratégie nationale de recherche s’égrènent ainsi tout au long de ce document #Inra2025, soulignant la contribution des orientations de l’Inra à ces objectifs.

La population mondiale est plus nombreuse, plus urbaine, plus consommatrice par habitant au point que la sur-nutrition et les pathologies associées sont à considérer au même titre que la sous-nutrition, qui continue de frapper une personne sur sept dans le monde. La consommation alimentaire augmente quantitativement et s’uniformise, bien que des déficits caloriques et des carences subsistent dans certaines régions. La demande d’énergie et de matériaux continue de croître et la substitution du carbone d’origine fossile par du carbone d’origine renouvelable est devenue un enjeu global. Plus que jamais, disparités sociales et économiques causent conflits globaux et migrations. L’Humanité est à l’origine d’un dérèglement climatique incontrôlé, dont elle est aussi la victime et qu’elle cherche aujourd’hui à maîtriser. L’ensemble de ces tensions met sous contrainte des biens communs comme l’environnement et la biodiversité.

La recherche agronomique, par essence interdisciplinaire, doit contribuer à surmonter ces défis sans précédent. Notamment, les progrès technologiques qui se succèdent - biotechnologies, nanotechnologies, technologies de l’information et de la communication, etc. - tout en changeant les situations de production sont autant d’opportunités à combiner aux innovations sociales ou organisationnelles pour proposer des « solutions inédites ». Les impacts de ces innovations doivent cependant être anticipés, évalués et, quand ils sont défavorables, évités.
Des attentes fortes vis-à-vis de la recherche et de l’innovation agronomiques sont exprimées au niveau national et international. Au niveau national, plusieurs défis sociétaux qui structurent la stratégie nationale de recherche (SNR) adoptée en 2015 concernent les domaines de l’alimentation, de l’agriculture et de l’environnement. Au niveau international les enjeux de sécurité alimentaire et nutritionnelle, revenus à l’agenda international à la fin des années 2000, sont restés d’une grande acuité, comme en a témoigné l’exposition universelle Milan 2015, la première jamais consacrée aux questions d’alimentation. Parallèlement les enjeux relatifs au changement climatique et à la dégradation des ressources naturelles (eau, biodiversité, sols, etc.) ont été affirmés avec une force croissante, tout particulièrement en décembre 2015 à Paris à l‘occasion de la COP21 ; celle-ci a par ailleurs consacré l’inclusion des questions agricoles et alimentaires dans les négociations relatives au climat. De façon plus générale, l’adoption par l’ONU en 2015 des objectifs de développement durable, dont plusieurs concernent l’alimentation et l’agriculture, questionne la capacité de la communauté scientifique à traiter des grands défis sociétaux de portée mondiale.

L’Inra est l’un des plus grands organismes de recherche agronomique au monde. Il propose une large diversité de disciplines pour traiter les questions relatives à l’alimentation, à l’agriculture et à l’environnement, aujourd’hui considérés dans le cadre plus large de la bioéconomie et des systèmes alimentaires.

Voir le billet « Une programmation et un pilotage de la recherche aux services d'enjeux planétaires »