• Réduire le texte
  • Rétablir taille du texte
  • Augmenter le texte
  • Imprimer

Une programmation et un pilotage de la recherche aux services d'enjeux planétaires

Mis à jour le 23/01/2017
Publié le 15/12/2016
Mots-clés : ZOOM - Inra2025

L’Inra est l’un des plus grands organismes de recherche agronomique au monde. Il propose une large diversité de disciplines pour traiter les questions relatives à l’alimentation, à l’agriculture et à l’environnement, aujourd’hui considérés dans le cadre plus large de la bioéconomie et des systèmes alimentaires.

 

 

Pas d’interdisciplinarité sans piliers disciplinaires
Le croisement des perspectives disciplinaires est souvent nécessaire pour traiter dans toute leur complexité les questions relatives aux systèmes alimentaires : sciences de la terre et de l’environnement, sciences de la vie, sciences économiques et sociales. Ce constat d’évidence appelle l’Inra à mettre en oeuvre des dispositifs de programmation interdisciplinaire de la recherche pour atteindre des cibles identifiées, et pour cela à cultiver la solidité des piliers disciplinaires sur lesquels repose nécessairement cette interdisciplinarité. L’exploration de certains fronts disciplinaires est tellement propre aux thématiques de l’Inra que l’Institut se retrouve de facto en responsabilité de leur animation : c’est l’une des missions des départements de recherche.

L’élaboration des schémas stratégiques des départements (SSD 2016-2020) favorise la prise en compte de l’avancée des connaissances dans les champs disciplinaires qui sont essentiels pour l’Inra : les sciences biologiques et écologiques, qui constituent le socle de l’Institut, depuis les niveaux moléculaires et cellulaires jusqu’à ceux des paysages ou de la biosphère, mais aussi les disciplines biotechniques qui fondent l’agronomie, ainsi que les biogéosciences, les sciences de l’ingénieur, les sciences économiques et sociales. Pour l’essentiel, les questions vives de recherche, les fronts de science et les technologies émergentes qui relèvent de ces domaines sont identifiés dans les SSD.

Le suivi des premiers résultats obtenus par les grands programmes interdisciplinaires de l’Institut, dont les huit méta-programmes (MP) lancés depuis 2010, confirme l’importance de continuer à croiser les disciplines, favoriser les échanges méthodologiques sur des objets différents, et développer des approches systémiques et intégratives. (Cf. «  Les méta-programmes, des outils de programmation au service d'objectifs stratégiques »)

L’évolution des manières de faire de la recherche a également été mise en perspective. A cet égard, la révolution numérique et le rôle croissant de la modélisation et de l’informatique, d’une part, et la place importante des sciences participatives dans les recherches sur l’alimentation, l’agriculture et l’environnement, d’autre part, méritent d’être mentionnés.

La culture de l’Inra est depuis toujours de conduire une Science belle, utile et partagée. Les mécanismes qui sous-tendent la construction de l’impact de la recherche agronomique publique, analysés à l’occasion de l’étude ASIRPA, montrent en effet que la combinaison de ces principes est la meilleure clé pour maximiser l’impact positif des connaissances produites dans la société, sous forme de création de valeurs, d’emplois et de compétitivité ou d’appui aux politiques publiques :

  • Une Science belle, parce que toute connaissance porte sa part intrinsèque de beauté et parce qu’ASIRPA a fait le constat que les innovations naissent fréquemment des équipes les plus reconnues sur la scène internationale, créatives et motivées par leur curiosité.
  • Une Science utile pour répondre, dans toute leur diversité, aux attentes de la société et pour anticiper les futurs enjeux par un appui aux politiques publiques et un rôle moteur dans l’innovation technologique, sociale ou organisationnelle.
  • Une Science partagée en responsabilité au sein de l’Institut, avec nos partenaires et avec nos concitoyens parce que nos découvertes d’aujourd’hui conditionnent la qualité de ce que sera demain.

Outre ces valeurs communes, un principe général que suivent les recherches à l’Inra est de considérer les systèmes alimentaires dans toutes leurs dimensions, et notamment les interdépendances entre la production agricole, la transformation et la consommation et les relations de cet ensemble à l’environnement. Souvent la solution à une question qui se pose dans les filières de transformation ou auprès des consommateurs trouve sa source – et parfois sa solution – dans les systèmes de production. A l’inverse, les cahiers des charges imposés par l’aval imposent souvent aux systèmes de production des contraintes qui ne peuvent être gérées sans rompre l’équilibre entre leurs performances économiques, sociales et environnementales. Les systèmes alimentaires ont des impacts tant positifs que négatifs sur la nutrition humaine, sur la sûreté sanitaire de la chaîne alimentaire, et sur la santé de l’environnement.
Ils sont en outre organisés territorialement, avec typiquement les fonctions de production en zone rurale et les fonctions de consommation en zone urbaine : cette territorialisation est elle-même un facteur déterminant de leurs propriétés et de leurs impacts.

Enfin, on ne peut pas traiter correctement de questions planétaires sans une vision et une action internationales. La moitié des publications de l’Inra sont issues de collaborations internationales. De plus en plus, l’Inra devra cultiver cette force et s’appuyer sur cette dynamique de collaboration, d’une part pour en étendre le périmètre au-delà de l’Europe et des pays de l’OCDE et, d’autre part pour la mettre au service d’une programmation commune vers de grandes cibles stratégiques partagées à l’échelle mondiale.

 

Voir le billet « Les systèmes alimentaires face à des défis sans précédents »