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CulturTruf : un projet d’expérimentation national financé par FranceAgriMer issu du partenariat exemplaire entre l’INRA et la filière trufficole

Mis à jour le 22/01/2018
Publié le 20/01/2018
Mots-clés : EFPA - ACCAF - CLIMAT-1

le déficit hydrique estival est l’un des principal facteur expliquant les variations de production annuelle

  • Résumé 

Depuis mars 2016, FranceAgriMer finance un projet d’expérimentation national, CulturTruf, coordonné par l’INRA et co-construit avec la filière trufficole. Il a pour objectifs d’optimiser la gestion de l’eau dans les plantations truffières en couplant des approches de recherche fondamentale et finalisée. Il répond pleinement à une forte demande de la filière pour adapter la culture des truffes aux changements climatiques.

  • Contexte et enjeux 

Les truffes sont des champignons ectomycorhiziens vivant en symbiose avec de nombreux arbres et arbustes. Les truffières sont des écosystèmes ouverts, de type agroforestier, présentant une forte biodiversité végétale. Le chiffre d’affaires de la filière truffe en France est estimé à plus de 100 millions d’euros par an et à plus d’un milliard en Europe. Ce sont donc des écosystèmes productifs à haute valeur ajoutée offrant une opportunité de diversification économique aux agriculteurs et aux forestiers dans des zones de déprise agricole. Toutefois, au cours du vingtième siècle, la production de truffes a diminué pour commencer à remonter depuis une décennie. Il est maintenant admis que certains changements globaux comme les changements climatiques, la modification de l’utilisation des sols et l’anthropisation des milieux ont contribué à cette baisse. Ainsi la production de truffe noire du Périgord (Tuber melanosporum) est presque exclusivement maintenue dans des plantations truffières où l’intervention de l’homme a pour objectif de réduire l’impact des contraintes environnementales. Parmi ces contraintes nous avons montré que le déficit hydrique estival était l’un des principal facteur expliquant les variations de production annuelle. Or même dans les scénarios les plus optimistes, les futurs changements climatiques vont probablement entraîner une augmentation de 2 à 4 °C surtout dans les zones sèches ayant pour conséquence une augmentation de l’intensité et de la fréquence d’épisodes de sécheresse. Ces modifications du climat, associées aux modifications du système hydrologique, devraient concerner les principales régions de production de truffes en France. Dans ce contexte, la filière trufficole nous a solliciter pour co-construire une expérimentation nationale afin d’adapter la production de truffes au climat du 21ème siècle.

  • Résultats

Camille Communal (INRA Grand-Est) et Michel Tournayre (Président de la FFT) travaillant ensemble lors de l’installation d’un site expérimental du programme CulturTruf. © Inra, Claude Murat
Camille Communal (INRA Grand-Est) et Michel Tournayre (Président de la FFT) travaillant ensemble lors de l’installation d’un site expérimental du programme CulturTruf © Inra, Claude Murat
Ainsi est né le programme d’expérimentation national CulturTruf financé par FranceAgriMer et co-construit entre l’INRA, la fédération Française des Trufficulteurs (FFT) et le CTIFL. Les objectifs du projet sont de déterminer le régime hydrique optimal pour produire des truffes (T. melanosporum, T. aestivum, T. aestivum var uncinatum et T. magnatum) et l’optimiser par des itinéraires techniques adaptés à différents climats. L’obtention de ce projet a été rendue possible grâce à un projet pilote financé par le labex ARBRE (ClimaTruf) qui a mis les bases en terme de sondes tensiométriques à utiliser et d’outils de diagnostic moléculaire. CulturTruf a initié le 1er mars 2016 et pour l’instant le financement devrait être acquis jusqu’au 28 février 2019. Pour mener à bien ce projet ambitieux, regroupant les instituts nationaux avec les régions trufficoles, le projet se décline en 4 tâches opérationnelles, la tâche 1, consistant à identifier des sites expérimentaux et à les instrumenter (voir photo). Les tâches 2 et 3 consistent à relever le régime hydrique par mesure du potentiel matriciel (pF) du sol (tâche 2) et à quantifier la dynamique du mycélium de truffes dans le sol (tâche 3). Dans la tâche 3 sont utilisés les derniers outils de biologie moléculaire développés à la suite du séquençage du génome de la truffe noire dans le projet du labex ARBRE ClimaTruf, montrant ainsi un bon exemple de transfert du laboratoire au terrain.

Au total 13 sites expérimentaux ont été choisis et 45 arbres équipés de sondes tensiométriques et échantillonnés mensuellement. Les premiers résultats acquis au cours de l’année 2017 sont très instructifs surtout à cause de la forte sécheresse observée dans le sud est de la France. Le couplage de données environnementale avec la dynamique des mycéliums de truffes dans le sol par PCR quantitative montre bien la synergie entre recherche fondamentale et recherche appliquée.

CulturTruf a été présenté à plusieurs reprises pour les professionnelles lors de conférences mais aussi dans le journal de la profession le Trufficulteur. Il a aussi été présenté lors de deux congrès internationaux. Pour illustrer le partenariat exemplaire entre l’INRA et la filière, le mercredi 8 novembre le coordinateur de CulturTruf a rencontré le ministre de l’Agriculture avec la FFT et à cette occasion le projet a été présenté à Mr Vincent Abt (conseiller filières végétales, Forêt et compétitivité).

  • Perspectives

CulturTruf se poursuivra sur plusieurs années grâce au soutien de FranceAgriMer. En 2018, de nouveaux sites expérimentaux dans lesquels des moyens de réduction du déficit hydrique (paillages, ombrages) seront testés. Ainsi des outils (sondes tensiométriques) seront mis à disposition de la filière pour une gestion raisonnée de la ressource en eau et pour contrecarrer les effets de la sécheresse. Deux articles scientifiques sont actuellement en cours de rédaction, l’un sur la mise au point d’un protocole de PCR quantitative pour identifier et quantifier l’ADN de T. aestivum dans le sol. Dans cet article la dynamique temporelle pendant une année de cette truffe dans le sol sera montrée. L’autre article portera sur le suivi dans le sol pendant 1 ans sous 15 arbres de l’ADN des deux types de compatibilité chez la truffe noire en lien avec le climat. A la fin du projet nous aurons des recommandations pour gérer l’irrigation avec des sondes. Ceci sera valorisé sous forme de fiches techniques et de formations.

  • Références bibliographiques :

- Todesco F., Guignet Y., Levesque E., Joyaux M., Tournayre M., Lheureux F., Le Tacon F., Murat C. (2017) Le programme d’expérimentation national CulturTruf continue en 2017. Le Trufficulteur, 99, 6-8
- Murat C., Lheureux F., Tournayre M. (2016) CulturTruf: le programme d’expérimentation financé par FranceAgriMer. Le Trufficulteur, 94, 14-15
- Communal C, Lheureux F, Tournayre M, Murat C (2016) CulturTruf: l’installation des sites expérimentaux. Le Trufficulteur, 96, 11-12

  • Contact : Claude Murat, Unité IaM, Département EFPA, Centre INRA Grand-Est Nancy

Illustration supplémentaire : Michel Tournauyre (Président de la FFT), Michel Courvoisier (Directeur de la FFT), Claude Murat (coordinateur de CulturTruf, INRA Grand-Est Nancy), Damien Berlureau (gérant de la société Agritruffe) et Stéphane Travert (Ministre de l’Agriculture) dans le parc du ministère de l’Agriculture le 8 novembre 2017 (Photo Cheik Saidou ; http://ministre-en-images.agriculture.gouv.fr/post/167271734095/visite-des-plants-truffiers-dans-le-jardin-de)