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CONTEXTE & VISION

Du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992 à l’Accord de Paris en 2015 , la prise de conscience mondiale des risques climatiques n’a cessé de s’affirmer.
Un dérèglement rapide, qui semble se dessiner, menace la sécurité alimentaire mondiale. Toutes les régions européennes seront touchées par une forte variabilité : canicules estivales, précipitations intenses, etc. Dans un scénario de réchauffement global atteignant +3 à +4°C à la fin du siècle, les productions agricoles et forestières seraient affectées en France, particulièrement après 2050, par des impacts en cascade sur les ressources en eau, sur les sols, et sur la biodiversité. La compétitivité de certaines filières est déjà affectée par les aléas climatiques. Des extrêmes climatiques induiraient des chocs sur les prix, à l’origine de fortes perturbations pour les consommateurs, les industries de transformation et bien sûr le revenu des agriculteurs et provoqueraient la réorganisation de filières et de territoires. L’équilibre économique, social et politique de la région circumméditerranéenne, déjà fragile, serait menacé.

Les systèmes agricoles et forestiers devront devenir plus résilients face au dérèglement climatique. Les évolutions nécessaires doivent être anticipées en adaptant la génétique et la protection de la santé des plantes et des animaux et en repensant les pratiques et les systèmes de production. La gestion de l’eau, des sols et de la biodiversité dans les espaces ruraux devra être adaptée, pour renforcer les services des écosystèmes agricoles et leur résilience aux aléas climatiques.
En augmentant les stocks de carbone dans les sols et dans la biomasse, en limitant les pertes d’azote réactif et en maîtrisant les processus microbiologiques dans les sols, le rumen, les effluents, etc., les émissions nettes de gaz à effet de serre peuvent être réduites sans effet négatif sur la production agricole. Conservation et restauration des terres apportent des bénéfices multiples : stockage de carbone, augmentation de la productivité agricole et sylvicole, résilience aux aléas climatiques et restauration de la biodiversité. Des stratégies combinant adaptation au changement climatique, préservation du capital naturel et lutte contre l’effet de serre doivent donc être conçues et évaluées.

Dans un contexte déjà marqué par un accroissement des aléas sanitaires et économiques, le dérèglement climatique interroge la gestion des ressources naturelles, de l’agriculture, de la forêt et des territoires ruraux :

  • Comment adapter, voire transformer par des innovations de rupture, les systèmes de production et les stratégies de conservation des ressources naturelles ?
  • Comment réduire rapidement les émissions nettes de gaz à effet de serre et la consommation d’énergies fossiles des systèmes alimentaires ?

Les trajectoires d’adaptation ne sont pas prédéfinies.
Source de propositions et d’innovations, la recherche doit faciliter la co-conception et la mise en oeuvre de trajectoires adaptatives alliant gestion du risque à court terme et potentiel d’adaptation ou de transformation à long terme. Ceci suppose de réduire les incertitudes sur les risques, de proposer des options, des technologies et des services dédiés, d’étudier les dynamiques d’adaptation des filières, des territoires et des ressources naturelles et d’évaluer le rôle des politiques publiques.