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Quand Listeria monocytogenes s’endort

Publié le 24/05/2018
Mots-clés : MICA - FOOD-2

La capacité de Listeria monocytogenes à générer des formes intracellulaires dormantes qui pourraient être hébergées de façon insoupçonnée chez leur hôte

  • Résumé

Infection grave, d'origine alimentaire, due à la bactérie Listeria monocytogenes, la listériose est associée à des manifestations cliniques sévères et un taux de mortalité élevé chez les individus dont le système immunitaire est affaibli. Des chercheurs de Micalis, en collaboration avec des collègues de l’Institut Pasteur, révèlent la capacité originale de L. monocytogenes à générer des formes intracellulaires dormantes qui pourraient être hébergées chez l’homme ou chez l’animal.

  • Quand Lysteria monocytogenes s'endort. Capacité de Listeria monocytogenes à générer des formes intracellulaires dormantes qui pourraient être hébergées de façon insoupçonnée chez leur hôte. © Inra, Hélène Bierne
    Quand Lysteria monocytogenes s'endort. Capacité de Listeria monocytogenes à générer des formes intracellulaires dormantes qui pourraient être hébergées de façon insoupçonnée chez leur hôte © Inra, Hélène Bierne
    Contexte et enjeux

La listériose est une maladie causée par la consommation d’aliments contaminés par la bactérie L. monocytogenes. C’est une maladie peu fréquente mais particulièrement dangereuse pour les personnes immunodéprimées, les personnes âgées et les nouveau-nés. Elle affecte également les animaux d’élevage. Le pouvoir pathogène de L. monocytogenes est lié à sa capacité à envahir les cellules de l’organisme, comme les cellules épithéliales de l’intestin, du foie, du cerveau et du placenta. Lorsqu’elle atteint le cytoplasme des cellules, L. monocytogenes s’y multiplie et utilise un réseau de filaments cellulaires - appelé cytosquelette - pour se déplacer et se propager dans les cellules voisines. Cette phase permet à la bactérie de se disséminer dans les tissus.

  • Résultats

A l’aide d’un modèle expérimental original in vitro, utilisant des cultures de cellules épithéliales humaines, les scientifiques ont mis en évidence que L. monocytogenes a la capacité de changer de style de vie lorsqu’elle infecte plusieurs jours durant des cellules de foie et de placenta. Les bactéries cessent progressivement de produire la protéine ActA qui leur permet de se déplacer en utilisant le cytosquelette des cellules infectées. Elles se retrouvent alors piégées dans des vacuoles. Dans cette niche intracellulaire, elles sont plus tolérantes aux antibiotiques et conservent la capacité de se réactiver vers des formes de dissémination. Ils montrent également que ces bactéries peuvent aussi parasiter les cellules hôtes au cours des divisions cellulaires, sans que l’on puisse les détecter sur les milieux de culture habituellement utilisés dans les tests diagnostiques. Bien que viables, les bactéries sont donc dans un état physiologique non cultivable.

Ces résultats sont importants car le portage asymptomatique de cette bactérie pathogène pourrait expliquer pourquoi la période d'incubation de la listériose est parfois longue (jusqu’à trois mois). C’est aussi une explication possible de la difficulté à identifier l’aliment contaminé source, dans les cas de listérioses sporadiques, si la maladie survient longtemps après l’ingestion de l’aliment contaminé. Il se pourrait que des formes dormantes de L. monocytogenes se réactivent. Ce mécanisme pourrait également conduire au portage sain de cet agent pathogène chez un animal servant de réservoir à la bactérie.

  • Perspectives

Ces résultats appellent à reconsidérer les connaissances acquises sur la vie intracellulaire de cette bactérie pathogène et offrent des perspectives en matière de nouvelles stratégies thérapeutiques et diagnostiques, et de meilleure gestion du risque lié à un contaminant alimentaire microbien.

  • Valorisation scientifique

M. Kortebi, E. Milohanic, G. Mitchell, C. Péchoux, M.C. Prevost, P. Cossart and H. Bierne. PLoS Pathogens (2017) Listeria monocytogenes switches from dissemination to persistence by adopting a vacuolar lifestyle in epithelial cells. 13 (12):e1006734

  • Pour en savoir plus

http://presse.inra.fr/Communiques-de-presse/Listeria-monocytogenes-et-formes-intracellulaires-dormantes