• Réduire le texte

    Réduire le texte
  • Rétablir taille du texte

    Rétablir taille du texte
  • Augmenter le texte

    Augmenter le texte
  • Imprimer

    Imprimer

Résultats du projet européen TRUSTEE : vers des bénéfices réciproques pour le développement rural et la fourniture de services écosystémiques

Mis à jour le 07/01/2018
Publié le 07/01/2018

décortiquer des relations complexes entre développement économique, dynamiques d'usage des sols et services écosystémiques

L’objectif du projet TRUSTEE était de décortiquer les relations complexes entre le développement économique, les dynamiques d’usages des sols et les services écosystémiques à différentes échelles spatiales. Ces relations soulèvent trois grandes questions : Existe-t-il une organisation spatiale optimale des activités conduisant au développement économique rural, tout en assurant la fourniture de services écosystémiques ? Comment peut-on combiner les mécanismes de marché et l’action publique pour atteindre une répartition spatiale durable des activités ? Sous quelles conditions les services écosystémiques constituent-ils des opportunités pour le développement rural ?

  • Contexte et enjeux

Les évaluations nationales et internationales montrent que les écosystèmes sont et continuent souvent d'être dégradés ; par conséquent, les services écosystémiques et les biens publics sont maintenant considérés comme étant de plus en plus importants dans le contexte de la politique européenne. Cependant, les relations entre les services écosystémiques et leurs déterminants sont encore peu documentées. Dans le même temps, les économies rurales ont subi plusieurs changements au cours des dernières décennies. Les moteurs et les conditions préalables d'un développement socio-économique durable de ces systèmes hautement complexes sont encore mal compris.

  • Résultats

1- Analyse des déterminants multi-échelles du développement économique et des services écosystémiques
Lors de l’analyse de la performance des marchés du travail locaux, nous avons mesuré le rôle des migrations économiques interrégionales. Alors que les marchés du travail en Europe et en France en particulier, ont généralement été considérés comme moins flexibles que les marchés nord-américains, les ajustements à des chocs d’emploi fonctionnement assez rapidement. Ce sont donc d'autres obstacles structurels qui seraient à l'origine de relativement faible performance du marché du travail. Nous avons aussi confirmé l'importance des caractéristiques de la main d’œuvre pour la performance économique et d’innovation des firmes installées espaces ruraux. Nous avons réussi à cartographier les services écosystémiques et la biodiversité en mobilisant une gamme d’indicateurs à différentes échelles, de la locale à l’européenne. Cela a permis de rechercher des corrélations spatiales entre les différents services écosystémiques et de cartographier les “points chauds” et les “points froids” multifonctionnels. Un progrès a été réalisé dans le domaine de la modélisation géographique des séquences paysagères le long du gradient Urbain - Rural - Naturel, avec un zoom particulier sur la détection des formes d'étalement urbain.

2- Connaissance des liens entre le développement économique des espaces ruraux et les services écosystémiques
A l’échelle du paysage, nous avons étudié les conséquences des stratégies spatiales de protection environnementale sur les compromis entre les rendements agricoles et la conservation des espèces. Les scénarios explorés ont montré que l'hétérogénéité paysagère de l'agroécosystème est un facteur clé en faveur des compromis entre la conservation de la biodiversité et la production agricole. Nous avons cherché à savoir si l'optimisation de l'allocation de l'intensité agricole pourrait améliorer simultanément la production alimentaire et la biodiversité. Nous avons révélé des solutions « gagnant - non-perdant » permettant d’augmenter la biodiversité sans pertes de production. Nous avons démontré qu'une répartition optimale de l'intensité peut être un moyen puissant pour concilier les impératifs de conservation et de production à l'échelle nationale. Toujours en explorant le lien entre l'agriculture et la biodiversité, nous avons montré que la diversité des cultures améliorerait la résilience de la production en grandes cultures. En étudiant les effets de différents usages des sols sur les écosystèmes d’eaux douces, nous avons conclu que, comparés à d’autres usages, les usages urbains exerceraient le plus fort impact négatif sur les populations de poissons d’eaux douces.

3- Identification et évaluation de mécanismes de gouvernance et d’instruments de politique publique en faveur d’une vitalité rurale durable
À l'aide du modèle CAPRI, nous avons évalué l'impact d'une mesure politique qui viserait l’expansion des prairies pour atténuer les émissions de gaz à effet de serre issus de l'agriculture. Notre objectif était de savoir si dans ce cas il est judicieux d'utiliser une mesure unique à l’échelle l'UE. Nous avons constaté que le potentiel d'atténuation des GES et les coûts de réduction dépendent des caractéristiques régionales (taux de séquestration du carbone, marchés fonciers et structure de la production agricole). Nous avons conclu qu'une telle politique portant sur les prairies ne devrait pas être mise en œuvre dans le cadre du premier pilier de la PAC, mais pourrait être conçue comme une “mesure agroenvironnementale climat” (MAEC) ciblée. Dans une analyse comparative, nous avons étudié la mise en œuvre d'un outil de gouvernance emblématique, à savoir le programme LEADER. Nous avons identifié le processus LEADER comme étant une approche de gouvernance «down-up» puisqu'il s'agit d'un mélange d'approches descendantes et ascendantes. Nous avons décrit différentes formes de sa conception et mise en oeuvre, qui dépendent du cadre institutionnel régional et national. Dans ce travail, nous montrons que LEADER en mobilisant les acquis des territoires, ne renouvelle pas profondément la conception du développement rural au niveau local comme attendu par la Commission européenne qui à travers cet outil souhaitait encourager l'innovation dans le champ de la gouvernance. Nous avons analysé le fonctionnement du processus d'évaluation des programmes de développement rural de l'UE et nous avons interrogé la possibilité pour les États membres d'apprendre les uns des autres. Notre conclusion principale est que les évaluations ne semblent pas affecter la conception des politiques futures. Cela peut s'expliquer par des recommandations vagues ou trop générales, par l'absence de données pertinentes qui entravent sérieusement les possibilités d'utiliser des méthodes d'évaluation scientifiquement fondées et la mauvaise accessibilité des documents d'évaluation.

  • Perspectives

Les projets H2020 StrenghtoFood et Pegasus étendent certaines des recherches et collaborations entreprises dans le cadre de TRUSTEE, ainsi que des projets relevant de métaprogrammes INRA (ECOSERV, SMACH, etc.).

  • Valorisation

Les activités de recherche menées dans le cadre de TRUSTEE ont abouti à la publication d’environ 30 articles scientifiques à paraître ou déjà publiés dans des revues à comité de lecture, dont la plupart provient de collaborations internationales. D’autres sont en cours de préparation. Plus de 40 présentations de résultats de TRUSTEE ont été discutées lors de conférences et dans des colloques internationaux. La valorisation académique de nos recherches a été complétée par des interactions avec divers parties prenantes – chefs d'entreprise, décideurs politiques à l’échelle locale, nationale ou européenne, agences gouvernementales, ONG – à l’occasion d'ateliers, de séminaires d'échange de connaissances et de séances de formation internationales que nous avons organisés.
2 départements INRA impliqués (SAE2 et SAD) ; 5 unités INRA (CESAER, ECOPUB, SADAPT, SMART, ODR).

  • Références bibliographiques (uniquement avec des chercheurs SAE2 dans les co-auteurs):

- Caruso, G., Hilal, M., Thomas, I. (2017). Measuring urban forms from inter-building distances: Combining MST graphs with a Local Index of Spatial Association. Landscape and Urban Planning, 163, 80-89. DOI : 10.1016/j.landurbplan.2017.03.003

- De Cara, S., Fournier, A., Gaigné, C., 2017. Local food, urbanization, and transport-related greenhouse gas emissions. Journal of Regional Science 57, 75–108. doi:10.1111/jors.12299

- Donfouet, H.P.P., Barczak, A., Détang-Dessendre, C., Maigné, E., 2017. Crop Production and Crop Diversity in France: A Spatial Analysis. Ecological Economics, 134, 29–39.
doi:10.1016/j.ecolecon.2016.11.016

- Regnier C., Legras, S., 2017, Urban Structure and Environmental Externalities, Environmental and Resource Economics, first online. DOI 10.1007/s10640-016-0109-0
Ay, J.S., Chakir, R., Gallo, J.L., 2016a. Aggregated Versus Individual Land-Use Models: Modeling Spatial Autocorrelation to Increase Predictive Accuracy. Environmental Modeling and Assessment, 1–17. doi:10.1007/s10666-016-9523-5

- Ay, J.S., Chakir, R., Marette, S., 2016b. Distance Decay in the Willingness to Pay for Wine: Disentangling Local and Organic Attributes. Environmental and Resource Economics, 1–23. doi:10.1007/s10640-016-0057-8

- Ay, J.-S., Guillemot, J., Martin-StPaul, N., Doyen, L., Leadley, P., 2016c. The economics of land use reveals a selection bias in tree species distribution models. Global Ecology and Biogeography, 1–13. doi:10.1111/geb.12514

- Détang-Dessendre, C., Partridge, M.D., Piguet, V., 2016. Local labor market flexibility in a perceived low migration country: The case of French labor markets. Regional Science and Urban Economics, 58, 89-103. doi:10.1016/j.regsciurbeco.2016.03.003

  • Contact : Cécile Détang-Dessendre, unité CESAER, Département SAE2, Centre INRA de Dijon