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Une stratégie européenne et internationale pour l’Inra

Mis à jour le 23/01/2017
Publié le 05/01/2017
Mots-clés : global - ZOOM

L’Inra ne prendra pleinement sa part de l’effort mondial de recherche pour la sécurité alimentaire que s’il projette hors des frontières sa stratégie et ses moyens d’action. En outre, cette projection soutient l’innovation et accompagne les acteurs économiques sur la scène internationale.

La moitié des publications de l’Inra sont issues de collaborations internationales : la stratégie internationale de l’Institut s’appuie sur cette force. Le partenariat national est une autre force : celui établi avec le Cirad avec lequel l’Inra partage son unité d’appui aux relations internationales pour une complémentarité géographique dans une unité de métier, mais aussi la capacité naturelle d’attraction des dispositifs d’enseignement supérieur proposée d’une part, par le rassemblement des écoles thématiques dans Agreenium et d’autre part, par les universités.

Ces forces sont mises au service d’initiatives mobilisant des partenariats institutionnels autour de grands enjeux : par exemple le blé (Wheat Initiative depuis 2011), les gaz à effet de serre (Global Research Alliance depuis 2010) et la séquestration du carbone par les sols (initiative 4p1000 depuis 2015), etc. Ces alliances internationales facilitent l’alignement des recherches entre pays, l’accès aux infrastructures et la création d’appels à projets internationaux. Afin de développer les recherches à l’échelle globale de l’Inra, des projets structurants ouverts à l’international et alliant recherche et enseignement supérieur sont construits à l’échelle des grands campus, comme celui de Saclay avec l’Institut de convergence CLAND.
La capacité d’expertise institutionnelle et individuelle dont dispose l’Inra est mobilisée auprès d’institutions multilatérales comme la FAO, la Banque mondiale ou dans le cadre de dispositifs inter-gouvernementaux tels que le GIEC ou l’IPBES. La contribution de l’Inra à l’agenda international est renforcée par des conférences scientifiques et des ateliers parallèles aux négociations sur la sécurité alimentaire et le climat. Des relations pérennes sont construites avec les bailleurs internationaux et les grandes fondations.
À titre individuel, les chercheurs sont incités à développer leur carrière dans l’arène internationale : à ce titre, l’Institut s’attache à soutenir des dispositifs de mobilité tels qu’AgreenSkills. Les efforts déjà engagés pour recruter à l’international seront poursuivis. Au niveau collectif, le déploiement de laboratoires internationaux associés (LIA) sera poursuivi et élargi par l’établissement de réseaux de recherche internationaux (RRI). En outre, quelques unités mixtes internationales (UMI) seront développées sur des principes d’unicité de lieu, de direction et de budget, dans le cadre des partenariats de recherche et d’enseignement les plus structurés.
Focalisée sur les priorités scientifiques de l’Inra, reliée à l’enseignement supérieur, la stratégie européenne et internationale de l’Institut renforce son attractivité et contribue au rayonnement des grands sites de la recherche agronomique française.

La clé de lecture de la stratégie internationale de l’Inra n’est pas géographique mais thématique, notamment autour des questions portées par les méta-programmes. Ce principe souffre toutefois deux exceptions : l’Europe et le Bassin méditerranéen.

 

L’Europe

L’Inra poursuit son investissement dans l’espace européen de la recherche, via des initiatives de programmation conjointe, de recherche et d’innovation de type JPI, EJP, KIC ou JTI et intègrera à l’échelle européenne ses infrastructures de recherche les plus significatives. Il contribuera à l’orientation des stratégies européennes de recherche et d’innovation, en participant notamment au Standing Committee for Agricultural Research (SCAR).

La coordination de projets par des chercheurs expérimentés sera soutenue en lien avec Inra-Transfert. Préalable nécessaire à une prise de responsabilité ultérieure dans la coordination de projets, les chercheurs plus jeunes seront incités à participer à des consortia à travers l’optimisation de l’appui au niveau des départements, des centres et des unités. Ces soutiens concerneront tous les types de projets, avec une attention particulière pour ceux soumis au Conseil européen de la recherche (ERC), où la participation de l’Institut reste trop modeste. Enfin, l’association d’entreprises partenaires dans les projets de recherche proposés à la Commission européenne sera soutenue et l’établissement des dialogues nécessaires en amont des appels à projets sera favorisé.

 

Le Bassin méditerranéen

L’espace circumméditerranéen est fragilisé par les tensions particulièrement vives auxquelles sont soumis ses systèmes alimentaires, qui mettent en danger l’équilibre de toute la zone, incluant une partie de l’Europe. Les recherches de l’Inra montrent un tropisme historique pour la zone méditerranéenne, qui représente près d’une publication de l’Institut sur six. La forte présence physique de l’Institut dans le sud de la France n’y est pas étrangère mais l’intérêt des équipes est avéré au-delà des trois centres Inra du sud-est. Les partenariats concernent principalement le Maghreb mais s’étendent progressivement, notamment sous l’impulsion des ERA-Nets dédiés, coordonnés ces dernières années par l’Inra en collaboration avec le Cirad. La réussite de l’initiative euroméditerranéenne PRIMA1, centrée sur la sécurité alimentaire et la disponibilité en eau, est ainsi un enjeu de premier rang pour l’Institut.

1. PRIMA (Partenariat pour la recherche et l’innovation au sein de la zone méditerranéenne) est un projet de coopération intergouvernementale envisagée au titre de l’article 185 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne.