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RésiLens

Publié le 11/07/2019
Mots-clés : BAP - 3PERF-2 - OPENINRA-2

un premier projet à l’échelle nationale sur l’amélioration variétale de la lentille

Fini l’abandon des légumineuses ! Aujourd’hui, elles se trouvent au cœur des discussions dès qu’il s’agit de production de matières riches en protéines, de fourniture d’azote dans les rotations et de diversification des assolements. Un projet innovant a été conçu en 2018 pour accompagner l’investissement de la France sur les légumineuses et pour soutenir les efforts de développement de la filière lentille : RésiLens. RésiLens est le premier projet national sur l’amélioration variétale de la lentille. Il est financé par le Compte d’Affectation Spéciale du « Développement Agricole et Rural » (CasDAR) et piloté par l’INRA. Sept acteurs publics et privés dont trois équipes INRA du département BAP travailleront ensemble pour exploiter et caractériser la diversité génétique chez la lentille à la recherche de sources de résistance aux bruches et aux agents de la pourriture racinaire, deux questions prioritaires pour la filière.

  • Contexte et enjeux

La lentille est une légumineuse à graines essentiellement utilisée en alimentation humaine. La graine de lentille séduit par sa richesse en protéines, sa facilité de cuisson et ses qualités organoleptiques. La France produit essentiellement de la lentille verte qui est commercialisée en tant que légume sec de haute valeur. D’ailleurs, la renommée de cette lentille verte française dépasse les limites de l’hexagone et du continent.

Représentation des différents partenaires impliqués dans le projet CasDAR RésiLens. Les chercheurs dans les entités suivantes sont rattachés au département BAP de l’INRA : UMR Agroécologie, URGI et EPGV. GEVES, Groupe d’Étude et de contrôle des Variétés Et des Semences ; EPGV, Etude du Polymorphisme des Génomes Végétaux; URGI, Unité de Recherche Génomique Info.. © Inra, Nadim Tayeh
Représentation des différents partenaires impliqués dans le projet CasDAR RésiLens. Les chercheurs dans les entités suivantes sont rattachés au département BAP de l’INRA : UMR Agroécologie, URGI et EPGV. GEVES, Groupe d’Étude et de contrôle des Variétés Et des Semences ; EPGV, Etude du Polymorphisme des Génomes Végétaux; URGI, Unité de Recherche Génomique Info. © Inra, Nadim Tayeh

La France continue cependant d’importer près de la moitié de ses besoins, essentiellement en lentilles blondes et en lentilles destinées à la fabrication de conserves. L’engouement pour les protéines végétales et les produits sans gluten, ainsi que les nombreux avantages agronomiques, économiques et environnementaux de la lentille induisent actuellement une évolution rapide des surfaces. Les évolutions des surfaces pour les lentilles ont été de 62 % entre 2016 et 2017 selon un rapport de l’association nationale interprofessionnelle des légumes secs (ANILS). Toutefois, l’offre variétale se résumant à 5 variétés inscrites ne permet pas aux agriculteurs d’optimiser les performances de leurs parcelles et de sécuriser leurs revenus. D’ailleurs, toutes les variétés cultivées sont sensibles à la pourriture racinaire. Il en est de même pour les attaques de bruches. Une recrudescence de la bruche, un coléoptère ravageur dont les larves grignotent l’amande des graines, a été très remarquable ces dernières années sans moyens de luttes efficaces. Il est donc crucial de mettre en place des activités de recherche et de sélection qui proposent des solutions aux agriculteurs afin de sécuriser leurs revenus et d’accompagner la relance de la culture de lentille spécialement dans le cadre des politiques agricoles, alimentaires et environnementales actuelles. Le projet RésiLens développé et proposé en 2018 répond à ce besoin désormais urgent. Il est le premier projet de recherche national portant sur la lentille. Ses objectifs principaux sont transparents dans son titre : « Constitution et évaluation d’une collection de ressources génétiques de lentille (Lens culinaris Medik.). Recherche de sources de résistance aux bruches et aux pourritures racinaires incluant Aphanomyces euteiches ». Le travail acharné de l’INRA (plus particulièrement le département BAP) et de ses partenaires pour monter le projet RésiLens est un engagement auprès des agriculteurs et une preuve de soutien pour la filière. Le financement témoigne de la volonté du ministère de l’agriculture à investir dans le développement de la lentille française.

  • Résultats

Les activités prévues dans le cadre du projet RésiLens s’articulent autour de trois axes principaux : (1) caractériser la diversité génétique de la lentille à travers une collection de 300 accessions qui sera composée de ressources nationales et internationales ; (2) fournir des éléments de réponse sur l’identité des pathogènes fongiques et des bruches responsables de pertes de rendement chez cette espèce ; et (3) révéler des génotypes ayant des résistances totales ou partielles à ces problèmes majeurs et les proposer pour des programmes de création variétale. Le projet RésiLens proposera une plaquette d'identification morphologique des espèces de bruches attaquant la lentille. Il proposera également des outils moléculaires qui permettront, à des laboratoires de diagnostic, de détecter facilement dans le sol les souches qui seront identifiées comme étant des agents pathogènes responsables de pourritures racinaires. Ces outils permettront aux agriculteurs de : (1) mieux connaitre les ravageurs et les agents pathogènes de la lentille ; (2) déterminer les risques sur leurs parcelles ; (3) appliquer les moyens de lutte nécessaires et éviter certaines zones s’il le faut. Ils seront disponibles dès la troisième année du projet et les informations les concernant seront communiquées aux agriculteurs notamment via l’ANILS. La diversité génétique qui sera évaluée au cours du projet dans les bassins de production de lentille intéressera aussi bien les agriculteurs que les sélectionneurs et les chercheurs. Elle engagera surement des réflexions sur les idéotypes de lentille qui seront nécessaires pour accompagner le développement d’une agriculture multi-performante. Les accessions qui seront identifiées comme porteuses de sources de résistance aux attaques de bruche et aux pourritures racinaires intégreront des programmes de création variétale. Ces programmes mettront à terme dans les mains des agriculteurs des variétés qui répondent aux demandes du marché français, se rapprochent des idéotypes désirés et disposent des résistances nécessaires pour réduire l’utilisation des pesticides tout en sécurisant les rendements.

  • Perspectives

Le projet RésiLens vise à relancer la sélection de lentille en France en abordant les questions les plus urgentes et sans doute les plus complexes. Il est attendu à terme que les connaissances acquises et les outils développés permettent de proposer des idéotypes performants, de démarrer des programmes de création variétale, et de susciter des nouveaux programmes de recherche et de sélection.

  • Valorisation

Le projet RésiLens promet plusieurs publications scientifiques dans des journaux à comité de lecture. Ces publications décriront : (1) la construction du panel de diversité génétique et des outils de génotypage adaptés, (2) la variabilité de réponse de ce panel aux attaques de bruches et (3) l’identification de sources de résistance à des souches pathogènes isolées à partir de plantes de lentille montrant des pourritures racinaires. Les données sur la collection de ressources génétiques, recueillies tout au long du projet, permettront une meilleure connaissance des accessions de lentille conservées en France et ailleurs. Les données en lien avec la collection nationale de lentille sont particulièrement utiles pour accompagner les réflexions autour de sa gestion et de son versement au Système Multilatéral du TIRPAA (Traité international sur les ressources phytogénétiques pour l'alimentation et l'agriculture). Enfin, il est prévu d’organiser un séminaire sur la lentille dans le cadre du projet RésiLens. Agriculteurs, sélectionneurs, chercheurs, et membres de la commission technique de l’ANILS seront invités pour assister à des présentations sur les résultats et les expérimentations du projet. Ce séminaire aura lieu au printemps 2021 sur l’un des sites accueillant des phénotypages pour les attaques de bruches. Une visite de l’essai sera effectuée pour que les participants puissent observer la diversité au sein du panel de diversité génétique. Il est attendu que cet événement puisse engager les discussions sur le montage de projets faisant suite à RésiLens.

  • Contact

Nadim TAYEH, UMR1347 Agroécologie, Centre de Bourgogne-Franche Comté, Département : BAP