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Analyse de la composition globale du lait maternel humain précoce

Mis à jour le 15/02/2018
Publié le 17/01/2018

mise en relation avec les facteurs maternels et environnementaux et impact sur le développement d’une allergie alimentaire dans l’enfance

En collaboration avec l’Inserm, et dans le cadre d'une thèse (Mikaïl Berdi) co-financée par l’INRA et le CEA, nous avons établi les cartographies individuelles de la composition globale (métabolites, facteurs immunologiques et de croissance) de plus de 300 échantillons de laits maternels précoces collectés au sein de la cohorte mère-enfant EDEN. Nous avons de plus mis en évidence que cette composition est significativement impactée par différents paramètres environnementaux maternels, et certains facteurs sont positivement associés à un risque de développer une allergie alimentaire dans les 5 premières années de vie.

Les allergies résultent de réponses immunitaires inappropriées dirigées contre certaines protéines de l’aliment (allergènes). Elles résultent d’interactions complexes entre l’hôte et son environnement, incluant son alimentation. Les allergies alimentaires sont en constante augmentation depuis 20 ans, notamment chez le jeune enfant, suggérant des modifications néfastes et précoces de ses interactions. La période périnatale est notamment un moment crucial pour la maturation correcte de la barrière épithéliale intestinale et du système immunitaire qui y est associé : cette période pourrait ainsi être critique dans la propension à développer ou non des allergies alimentaires plus tard dans la vie. Durant la fenêtre néonatale, les événements majeurs et déterminants sont l’implantation du microbiote intestinal et le type d’alimentation reçue par le nouveau-né. Le lait précoce (colostrum) serait particulièrement riche en facteurs trophiques et bioactifs, favorisant cette maturation. Cependant, l’effet protecteur de l’allaitement sur le développement d’une allergie dans l’enfance n’est pas clairement établi, ce qui peut être le reflet de variabilités inter-individuelles importantes dans la composition du lait maternel.

Analyse de la composition globale du lait maternel humain précoce et mise en relation avec les facteurs maternels et environnementaux et impact sur le développement d’une allergie alimentaire dans l’enfance. © Inra, Karine Adel-Patient
Analyse de la composition globale du lait maternel humain précoce et mise en relation avec les facteurs maternels et environnementaux et impact sur le développement d’une allergie alimentaire dans l’enfance © Inra, Karine Adel-Patient
Grace à des échantillons collectés en maternité auprès de plus de 300 couples mère-enfant (cohorte EDEN ; Coll Inserm CRESS), nous avons établi les cartographies individuelles de la composition globale de laits maternels en combinant des analyses ciblées de 50 facteurs immunologiques et de croissance, et des analyses non ciblées de métabolomique, lipidomique et glycomique. Pour la première fois, nos travaux ont permis d’intégrer des données descriptives originales sur le lait maternel précoce. En combinant différentes approches statistiques, les compositions individuelles en facteurs immunologiques et de croissance ont pu être mises en relation avec différents facteurs maternels et environnementaux périnataux, puis avec le devenir allergique de l’enfant (suivi santé sur 6 ans). Nos travaux démontrent ainsi que l’information immunologique et trophique transmise à l’enfant via le lait maternel précoce est très significativement impactée par des facteurs tels que l’alimentation de la mère, ou le fait qu’elle soit ou non primipare. De plus, des facteurs immunologiques ont été positivement corrélés avec le devenir allergique de l’enfant, démontrant l’importance de cette période néonatale pour le risque de développer des pathologies liées à un désordre du système immunitaire telles que les allergies.

Les analyses statistiques sont actuellement poursuivies, intégrant l’ensemble des données métabolomiques générées pour poursuivre l’étude de l’impact de l’environnement maternel sur la composition globale du lait, puis l’impact de cette composition sur le devenir allergique de l’enfant. Les données seront disponibles au sein de la cohorte pour les relier à d’autres paramètres de développement et de santé de l’enfant. En parallèle, des analyses métabolomiques des méconiums de ces mêmes enfants ont été initiées et seront mises en relation avec les facteurs environnementaux de la mère afin d’évaluer cette matrice comme un reflet de l’exposome in utero et de son impact sur la santé de l’enfant (Thèse CEA, 2017-2019). L’intégration des données sur le méconium et le lait précoce pourront ensuite être agrégées, comme reflet de l’exposome périnatal. Par ailleurs, les résultats obtenus sur les laits maternels seront confirmés par l’application d’une méthodologie comparable au sein de l’ANR CINMAP (mères supplémentées ou non par des probiotiques durant le dernier trimestre de grossesse et impact sur le développement d’une dermatite atopique à un an), mais également sur les échantillons de la cohorte nationale ELFE, au sein de laquelle 500 échantillons nous sont dédiés.

Des publications soumises & en cours de rédaction, dans le cadre notamment de la Thèse de Mikaïl Berdi co-financée par l’INRA et le CEA

Contact : Karine Adel-Patient, UMR CEA-INRA SPI (Laboratoire d’Immuno-Allergie Alimentaire & Laboratoire d’Etude du Métabolismes des Médicaments), Département AlimH, Centre INRA de Jouy-en-Josas, CEA de Saclay