• Réduire le texte

    Réduire le texte
  • Rétablir taille du texte

    Rétablir taille du texte
  • Augmenter le texte

    Augmenter le texte
  • Imprimer

    Imprimer

Analyse du génome du Yak

Publié le 10/01/2018
Mots-clés : OPENSCIENCE-3 - GA

cette étude de génomique évolutive montre la sélection de la région du génome bovin facilitant la docilité du yak

Le génome du yak, animal dont dépend l'alimentation de nombreux peuples d’Asie centrale, contient 1,3% de gènes d'origine bovine, du fait de croisements anciens. La majorité de ces gènes est impliquée dans le développement et la régulation du système nerveux et la communication entre neurones.

Le yak joue un rôle central dans la vie des peuples des steppes et des hauts-plateaux d’Asie. Adapté à des conditions climatiques extrêmes, il leur fournit lait, viande, laine, cuir, combustible (bouses), et il est utilisé pour le travail. Sa domestication, plus récente que celle du bovin, daterait d'environ 5000 ans. Il n’est pas rare que les éleveurs hybrident ces deux espèces en accouplant des femelles yak avec des bovins mâles. Leur but est d'obtenir des animaux qui allient la rusticité du yak et la productivité de la vache. Cette étude vise à rechercher d’éventuelles régions du génome bovin intégrées dans le génome du yak.

L'équipe associant l’INRA, Allice et l’Université Louis-Maximilien de Munich a comparé les génomes de 76 yaks Mongols et de plusieurs centaines de bovins du monde entier. Elle a montré que 1,3% du génome du yak provient des bovins et que la plupart des gènes bovins du yak sont impliqués dans le développement et le fonctionnement du système nerveux. Certains de ces gènes ont notamment un rôle dans le métabolisme du glutamate, l'un des principaux neurotransmetteurs responsables de la communication entre neurones. Ainsi, l'introgression de gènes bovins dans le génome du yak a eu des conséquences majeures sur son comportement, son instinct et ses perceptions. Les chercheurs pensent que l'hybridation a pu contribuer au processus de domestication de cet animal. Les éleveurs, en sélectionnant les animaux plus dociles, ont sélectionné sans le savoir les gènes d'origine bovine présents dans le patrimoine génétique de ces yaks. Ces résultats ouvrent des perspectives dans la compréhension du phénomène de domestication.

Références bibliographiques :
Medugorac I, Graf A, Grohs C, Rothammer S, Zagdsuren Y, Gladyr E, Zinovieva N, Barbieri J, Seichter D, Russ I, Eggen A, Hellenthal G, Brem G, Blum H, Krebs S, Capitan A. 2017. Whole-genome analysis of introgressive hybridization and characterization of the bovine legacy of Mongolian yaks, Nature Genetics 49 (3), 470-475. http://dx.doi.org/10.1038/ng.3775

Contact : Aurélien Capitan (INRA, Allice), Unités UMR 1313 GABI / GeT US1426, Département GA, Centre INRA de Jouy en Josas