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Maîtriser la paratuberculose bovine en troupeau infecté

Publié le 12/06/2019

Quatre traits phénotypiques déterminants à améliorer simultanément

La paratuberculose entraîne des pertes notables en élevage laitier, dont la maîtrise complexe nécessite de combiner plusieurs mesures. Mais les combinaisons pertinentes sont mal connues. De plus, les réponses variables à l’infection et l’hérédité de la résistance suggèrent que la sélection génétique contribuerait à lutter contre la maladie, nécessitant d’étudier l’influence d’une amélioration des traits phénotypiques sur la dynamique d’infection. Face à ces enjeux, la modélisation s’avère utile pour comparer un large panel de situations. Quatre traits phénotypiques sont déterminants si améliorés simultanément : diminuer sensibilité et niveaux d’excrétion, augmenter période d'incubation et dose infectieuse. Pour éviter que la situation n’empire en troupeaux déjà infectés, les mesures sont à choisir selon la prévalence, en combinant gestion des veaux et détection/élimination des animaux excréteurs.

  • Contexte et enjeux

La paratuberculose est une maladie gastro-intestinale causée par Mycobacterium avium subsp. paratuberculosis (Map) et qui entraîne des pertes économiques conséquentes en élevage bovin laitier. Les mesures actuelles qui visent à limiter la prévalence en troupeaux infectés doivent être utilisées de manière combinée pour plus d’efficacité, mais les combinaisons les plus pertinentes en troupeaux infectés ne sont pas bien définies. De plus, la variabilité de réponse des bovins à l’infection et le côté héréditaire de la résistance suggère que la sélection génétique pourrait améliorer la lutte contre la maladie, ce qui nécessite de mieux caractériser les traits phénotypiques à privilégier et leurs conséquences sur la propagation du pathogène. Pour répondre à ces enjeux, une approche par modélisation s’avère utile, permettant de comparer un large panel de situations.

Adapter la stratégie de maîtrise au niveau de prévalence de l’infection dans le troupeau, en combinant gestion de la conduite des veaux et la gestion de la détection et réforme des animaux excréteurs (et de leur descendance en réforme précoce).. © Inra, Pauline Ezzanno
Adapter la stratégie de maîtrise au niveau de prévalence de l’infection dans le troupeau, en combinant gestion de la conduite des veaux et la gestion de la détection et réforme des animaux excréteurs (et de leur descendance en réforme précoce). © Inra, Pauline Ezzanno

  • Résultats

Un nouveau modèle épidémiologique a été développé pour représenter explicitement chaque animal du troupeau et ses caractéristiques propres (âge, traits phénotypiques, état de santé de la mère, résultat des tests de dépistage, etc.), permettant d’évaluer des stratégies de maîtrise ciblées (réduction de l'exposition des veaux aux fèces des adultes, détection-réforme des animaux excréteurs et possiblement de leur descendance) et d’étudier l’influence de l’amélioration de traits phénotypiques sur la dynamique de l’infection.  Quatre traits phénotypiques ont été identifiés comme déterminants : la diminution de la sensibilité avec l'âge, les niveaux d’excrétion, la durée de la période d'incubation, et la dose infectieuse. Seule une amélioration simultanée de ces traits permettait de réduire notablement le nombre de nouvelles infections. Pour éviter que la situation épidémiologique n’empire en troupeaux infectés, les mesures de maîtrise doivent être définies selon la prévalence de l’infection dans le troupeau, en combinant la gestion des veaux (toujours nécessaire, voire primordiale dans les troupeaux fortement infectés) et la détection/élimination des animaux excréteurs (en incluant leur descendance en troupeaux faiblement infectés, en limitant les délais de réforme en troupeaux modérément infectés, et en augmentant la fréquence de test en troupeaux massivement infectés).

  • Perspectives

Ces travaux doivent être poursuivis en considérant la sélection génomique comme une mesure de maîtrise alternative et complémentaire des mesures classiquement mobilisées sur le terrain, et en étudiant les options de maîtrise à plus large échelle, les mouvements commerciaux de bovins issus de troupeaux infectés mais non dépistés pouvant mettre à mal même des stratégies efficaces. Ces travaux s’inscrivent dans le projet PICSAR / PARADIGM, cofinancé par le MP GISA, GDS France, Apis-Gene, coordonné par C. Fourichon (BIOEPAR, INRA, Oniris).

  • Valorisation

- Camanes G., Joly A., Fourichon C., Ben Romdhane R., Ezanno P. 2018. Control measures to avoid increase of paratuberculosis prevalence in dairy cattle herds: an individual-based modelling approach. Vet. Res. 49:60. https://doi.org/10.1186/s13567-018-0557-3
- Ben Romdhane R., Beaunée G., Camanes G., Guatteo R., Fourichon C., Ezanno P. 2017. Which phenotypic traits of resistance should be improved in cattle to control paratuberculosis dynamics in a dairy herd: a modelling approach. Veterinary Research 48:62, https://doi.org/10.1186/s13567-017-0468-8

  • Contact

Pauline EZANNO, UMR 1300 BIOEPAR, Département SA, Centre Pays de Loire