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CONTEXTE & VISION

Objets connectés, smartphones, généralisation des plateformes d’e-commerce : nous voyons le numérique entrer dans notre vie de tous les jours. Cette révolution renouvelle les modalités de la recherche et en 2025 elle aura contribué à « ouvrir la Science »1 2 3.
La dynamique « Open Science » engage l’Inra dans la transition numérique à chacune des étapes de la production de connaissances pour l’innovation (conception des questions de recherche, production et analyse des données, diffusion des connaissances, transfert et innovation) et dans son organisation (métiers et compétences, évaluation, pilotage scientifique et de gestion, environnement de travail).

Des pratiques et des questions de recherche en mutation

Décrire, modéliser et simuler nos objets complexes : le numérique ouvre de nouvelles questions de recherche qu’on ne pouvait jusqu’alors aborder, ni même parfois imaginer. Certaines communautés scientifiques naissent ; d’autres révisent leurs approches. De nouveaux cadres d’innovation émergent. La participation de non-scientifiques à la production de connaissances et d’innovations est réactivée (voir #OpenInra-4).
En 2025, la production de données est accélérée (robotique, capteurs connectés, imagerie, simulation) et leur échange est généralisé. Nos infrastructures de recherche s’y seront adaptées dans leur organisation et dans leurs technologies. Notre capacité à recenser et qualifier les données les aura rendues accessibles au partage et à la ré-utilisation par d’autres, décuplant la capacité d’investigation collective pour des systèmes alimentaires durables, de la production à la consommation, dans un contexte de transition climatique. Le dispositif informatique de l’Institut et les e-infrastructures couplées aux infrastructures de recherche et d’expérimentation, avec les services associés, en favoriseront l’accès et l’utilisation par d’autres communautés pour stimuler et développer l’innovation notamment dans le domaine des services. L’Inra restera un producteur important de données analytiques, expérimentales et observationnelles, et produira de la connaissance à partir de ses données.
Pour autant, il s’engagera dans « l’Open Data » en mettant ses données en partage vers d’autres acteurs, chercheurs ou non, et en s’engageant vers une utilisation plus importante des données produites par d’autres. Cette ouverture suppose d’avoir investi dans les outils et compétences nécessaires à une meilleure gestion du patrimoine numérique.
Comme les données, les connaissances consolidées s’enrichissent par l’accès libre des communautés de recherche et d’enseignement, ainsi que des citoyens et des professionnels. L’abondante production académique textuelle devient d’ailleurs elle-même une source de données accessible aux outils modernes de recherche bibliographique et de fouille de documents.
Aussi révolutionnaire qu’en son temps l’invention de l’imprimerie, la révolution numérique revisite l’ensemble du processus éditorial. En 2025, il se sera réorganisé en mode « réseau social », revisitant la répartition des rôles entre les différents acteurs (chercheurs, éditeurs, enseignants et société civile), de la production des articles à leur diffusion libre en passant par la validation par les pairs.

Analyser des jeux massifs de données produits de manière conventionnelle ou non, les intégrer, modéliser et simuler requièrent des compétences et un accès àde puissantes ressources informatiques de stockage et de calcul. La synergie entre approche expérimentale et modélisation, une force reconnue des équipes de l’Inra, permettra d’aborder des objets de plus en plus complexes et de saisir les subtilités des changements d’échelles qu’ils recèlent : systèmes alimentaires pris dans leur ensemble et dans leur environnement, approches prédictives en biologie, etc.

Comme dans d’autres domaines, le numérique devient aujourd’hui un vecteur d’innovation incontournable dans les systèmes alimentaires : agriculture numérique, plateformes ouvertes d’innovation en environnement, etc. Les acteurs évoluent, ainsi que leurs réseaux. De nouveaux acteurs issus de l’économie numérique émergent, startups ou géants, stimulés par l’existencede données partagées. Une logique de services se constitue en assistance à la production. Le partage des données nécessite de préciser les règles de propriété intellectuelle, notamment pour anticiper un possible handicap d’accès pour les acteurs les plus petits ou émergents.

Accompagner l’évolution des métiers et de l’environnement du chercheur

Gestion, partage, intégration et analyse des données, modélisation et simulation intensives : le déploiement du numérique interpelle chacun d’entre nous sur ses compétences, ainsi que la façon de travailler individuellement ou en collectif. Les compétences, les métiers et les communautés de travail de l’Inra auront changé en 2025. Il en va de la cohésion du collectif de l’Institut mais également de son attractivité, de ses outils, de ses réseaux et de son organisation. En 2025, le niveau de confort ressenti face au numérique aura été amélioré par des opérations de sensibilisation, d’accompagnement et de formation. L’organisation du temps et du lieu de travail aura été adaptée pour en tirer parti.

L’évaluation prendra en compte les nouveaux métiers et les nouvelles pratiques, tout en conservant intacts les principes fondateurs de l’évaluation de la recherche finalisée : qualifier dans toute sa diversité la pertinence, la qualité et l’impact d’une science belle, utile et partagée. Elle reconnaîtra, qualifiera et quantifiera les nouvelles productions tant académiques que non-académiques, les nouveaux métiers résultant par exemple de la distinction entre production et analyse des données, les risques pris aux interfaces entre communautés disciplinaires, entre monde académique et société civile, etc.
Garantir un pilotage cohérent à chaque niveau de l’organisation est un enjeu exacerbé par le contexte budgétaire tendu et une organisation souvent multitutelle. Pour objectiver et partager analyses et décisions, l’ensemble des décideurs, du responsable de projet à la direction générale, disposeront en temps réel d’une même information fiable et pertinente sur les moyens et les réalisations appropriés à son niveau de l’organisation. La saisie unique d’informations bien qualifiées assurera simplicité et fiabilité ; leur intégration permettra de déployer une aide au pilotage adaptée aux attentes de chacun.

1. Validation of the results of the public consultation on Science 2.0: Science in Transition http://ec.europa.eu/research/consultations/science-2.0/science_2_0_final_report.pdf
2. Science Ecosystem 2.0: how will change occur? https://ec.europa.eu/research/innovation-union/pdf/expert-groups/rise/science_ecosystem_2.0-how_will_change_occur_crouzier_072015.pdf
3. Open Science 2030 A Day in the Life of a Scientist, AD 2030 : http://ec.europa.eu/research/swafs/pdf/pub_open_science/open_science_2030.pdf